Compulsions alimentaires: comment mieux les gérer et comment s’en défaire ?

Les compulsions alimentaires sont source de grande souffrance pour les personnes qui en font. La honte et la culpabilité s’ajoutent à l’inconfort digestif provoqué par l’ingestion d’une quantité souvent importante d’aliments gras et/ou sucrés. En plus de cela, lorsqu’on fait des compulsions, on a tendance à s’auto dénigrer et à s’isoler, ce qui peut aussi affecter nos relations sociales. Et pourtant, ces compulsions ne sont pas une fatalité, même si elles durent depuis de nombreuses années. Il est possible de mieux les gérer et même, de s’en débarrasser. Voici quelques conseils pour vous guider sur ce chemin.

  1. Après une compulsion, ne pas compenser

Le premier réflexe que l’on peut avoir après une compulsion est de se restreindre les jours qui suivent et d’augmenter son activité physique pour compenser l’excès de calories ingérées. Or, saviez-vous que dans 80 % des cas, les compulsions sont liées à des apports énergétiques insuffisants ? On a tendance à penser qu’on fait des compulsions parce qu’on se laisse déborder par ses émotions ou parce qu’on manque de volonté. La gestion des émotions joue effectivement un rôle mais ce n’est pas le principal. Le plus important réside dans les apports énergétiques: s’ils sont insuffisants, le risque de faire une compulsion est démultiplié, et c’est normal, votre corps réclame de l’énergie, il en a besoin ! Se restreindre après une compulsion c’est donc favoriser la survenue d’une nouvelle compulsion par la suite. On entre alors dans le cercle vicieux de: restriction =>frustration + déficit énergétique => compulsion => culpabilité => restriction… Et on retourne au point de départ ! Pour sortir de ce cercle infernal, la première étape est de lever les restrictions alimentaires et de reprendre une alimentation normale le plus tôt possible après une compulsion.

Le cercle vicieux des restrictions-compulsions

2. Développer la bienveillance envers soi

Après une compulsion alimentaire arrivent souvent un fort sentiment de culpabilité et de nombreuses pensées d’auto dépréciation: « je suis nulle », « je vais encore grossir », « je ne sais pas me maitriser » etc… Il est entièrement normal de ne pas être fière d’avoir fait une compulsion et de se sentir mal, et en même temps, est-ce-que toutes ces pensées dures vous apportent quelque chose de positif ? Evidemment que non. Il est important de garder en tête qu’on ne choisit pas de faire des compulsions alimentaires et qu’on ne se résume pas à ses compulsions, et notre valeur n’est déterminée ni par notre poids, ni par ce que nous mangeons. Et si on essayait d’être un peu moins dur envers soi-même ? Que dirions nous à amie qui serait dans le même cas que nous ? Sûrement pas qu’elle est nulle et qu’elle ne vaut rien ! Si on essayait de se parler comme à une amie ? Si on essayait de s’apporter un peu de réconfort au lieu de se critiquer sans cesse ? Après une compulsion, n’hésitez pas à prendre du temps pour vous et à prendre soin de vous, vous en avez besoin et surtout vous en avez le droit, rien ne sert de vous punir et de vous enfoncer dans la culpabilité.

3. Demander de l’aide

Les compulsions, surtout lorsqu’elles sont récurrentes, favorisent le repli sur soi et l’isolement social. Il peut en effet être difficile d’en parler à ses proches et le mal être pousse à vouloir rester seul. Difficile aussi d’aller à une soirée ou au restaurant alors qu’on a le ventre plein et qu’on se sent mal… Et pourtant, cela peut être d’une grande aide d’en parler à des proches de confiance. Même s’ils ne vivent pas votre souffrance, ils peuvent quand même vous soutenir et mieux comprendre les raisons qui vous poussent à refuser certaines invitations. Enfin, au delà du soutien de l’entourage, un accompagnement réalisé par un professionnel de santé spécialisé en la matière est essentiel pour vous aider à retrouver un rapport apaisé avec la nourriture. En consultation je vous aide à mettre en place une alimentation équilibrée et adaptée à vos besoins. Je travaille avec vous sur vos compulsions, leur contexte et les émotions associées, afin de vous aider dans un premier temps à diminuer vos compulsions puis à les arrêter. Enfin, je vous aide également à reprendre confiance en vous, à développer davantage de bienveillance envers vous-même et à prendre soin de vous. Le chemin peut être long et tumultueux, mais il est toujours possible d’améliorer sa qualité de vie et son estime de soi, d’autant plus, lorsqu’on ne reste pas seul face à ses difficultés. Alors n’hésitez pas, demander de l’aide, aller consulter, sont des premiers pas pour aller mieux ! 🙂